mardi 15 octobre 2013

23 mai 1992




Petite expérience, à partir d'une photographie réalisée en Corse dans une église en ruines, un an auparavant.
 J'ai voulu rendre un hommage au juge Giovanni Falcone assassiné le 23 mai 1992.

Pour cela, j'ai utilisé 9 stencil à l'alcool comme vernis sur le métal
en reportant les lumières au stylo bille, comme un carbone gras.

Chaque espace des 9 stencils ont été mordus au perchlorure de fer dans des temps différents pour indiquer la reconstitution de l'image.






 

lundi 14 octobre 2013

Sivas 1992




Réalisée in situ en août 1992 à Sivas (Turquie)





Je m'étais dit que je réaliserai une série de gravure au sucre directement sur le motif, comme un défi.

Ainsi avec une solution de brou de noix et du sucre mélangé, 
 j'ai représenté cette mosquée à Sivas sur une plaque de zinc, à l'aide d'une plume et d'un pinceau lavis,.
Rentré au Val de Reuil, j'ai pulvérisé un vernis uniquement sur le sucre , puis le sucre fondu dans l'eau tiède, tout le dessin se trouve mis à nu et prêt à la morsure et ce fut une série d'attaques, alternant avec des pulvérisations de vernis jusqu'à saturation de ces morsures pour obtenir des noirs profonds et une image à la limite de la lisibilité.

Le ciel est le résultat de la plaque sans protection en contact direct avec l'acide, ce qui lui donne un voile bleuté. Les seuls blancs se situent dans les architectures, minuscules et brillants ils scintillent comme des étoiles.

Difficile à photographier, elle pourrait être présente à l'exposition à la Maison des Arts à Evreux en décembre 2014 janvier 2015 dans la partie de "celles qui préfigurent les épreuves de maintenant" mes dernières tentatives sur métal.

jeudi 10 octobre 2013

"Dans la série des paléogravures"




                 Alegoria Turistica  1986  eau forte en techniques mixtes :
 vernis mou par dessin et empreinte
aérographie de vernis, défonce au stencil à l'alcool, pointe sèche et brunissage
la matrice est en zinc le mordant était l'acide nitrique

mardi 1 octobre 2013

Damien DEROUBAIX



Une belle découverte, même si cet artiste semble avoir déjà une belle renommée.


Gigantesque bois gravé, peut être pas imprimé de 3,90 m par 5,20 m
collection privée 

L'artiste se revendique de l'univers de la musique métal...

C'est un beau travail de gravure, même s'il est traité d'une manière académique, (travail autour d'un dessin, dans le combat entre Rubinistes et Poussinistes il serait Poussiniste, dans la mouvance de Lebrun), 
la raison en est très simple: depuis quelques années la modernité au niveau de la gravure ne se situe plus dans l'exploration de nouvelles manières, mais plutôt dans l'actualité des sujets, ce qui réduit les recherches autour de ce médium à l'édition, ce pourquoi il a été inventé, il y a quelques siècles.

Ici le problème est encore plus radical, car il n'y a pas d'empreinte, l'artiste fait une oeuvre qui suggère l'estampe, mais qui n'est pas une estampe juste un sgraffite un splendide sgraffite voire même un bas-relief...

 J'y vois beaucoup de choses, ce qui rend réjouissant le travail: des artistes "primitifs" allemands des années 70-80  ( Penck, Georg Baselitz, ou Anselm Kiefer plus "culturel") mais malgré tout "Gauguinifilisé" avec du "présurréalisme" belge de la fin du XIXème siècle  tel Khnopff, bien sûr "Bretonnant" et son africanitude, avec un soupçon "Basquiatanescante"....... 
sans oublier la bande dessinée noire comme celle de Charles Burns . 
En un mot parfaitement intégré dans l'histoire de l'art du XXème siècle et du début du XXIème.

Bien sûr ce sont ses dimensions qui impressionnent, mais on ne s'en aperçoit pas sur un écran d'ordinateur,plus petites, cela n'aurait rien changé à l'image, il y a d'ailleurs fort à parier que l'on se recule comme face à un tableau pour avoir une vision d'ensemble. 


Mais soyons objectif les bois gravés  sont plus intéressants que leur empreinte
parce qu'il y a la matérialité du support, sa couleur et que l'empreinte n'est que de surface si l'on ajoute que  le collectionneur préfère une œuvre originale qu'il a horreur du papier (penser à la photographie actuelle).... fragile et éphémère, voire salissant,  une œuvre solide, pérenne.... et unique , voilà du sérieux...


A comparer avec le travail de Leyla Cardenas qui elle aussi fait des "sgrafittes", mais éphémères.

En espérant que ce courant étrange ne soit pas un simple effet de mode et donne envie de se poser la question de l'estampe, de l'empreinte comme enjeu plastique et non que comme multiple d'un  même.

samedi 28 septembre 2013

"Vera Iconica" révélations photosensibles


Le préfixe « photo- » (φωτoς, photos : lumière, clarté) — qui procède de la lumière, qui utilise la lumière


Faire une estampe comme une tentative de reconstitution de l'image, 
à la fois celle que l'on a faite mais aussi celle qui est en nous, celle que l'on cherche à travers l'autre qui fait passer celle que l'on a faite pour insuffisante ou simplement approchante.
Aller chercher l'autre en jouant avec la translucidité et l'épaisseur du support, comme si ce qui se passait se situait à l'intérieur, au sens propre comme au sens figuré et on est bien là dans une tentative de reconstitution de l'image, ...


à travers la peau sous l'action du soleil cet été ... cette "achéiropoïésie" qui me hante






Première tentative
















2ème tentative







Le processus est inversé














3ème tentative  






C'est la première estampe de la série












4ème tentative









Ces estampes imprimées en multi passages avec plusieurs matrices, font un mètre de haut par soixante 63 cm de large, elles sont imprimées sur papier Wenzhou, sauf la dernière sur un papier japon un peu plus épais.







dimanche 22 septembre 2013

Neuvième étude de "A l'Aïvil 29ICo Reloaded"



Toujours "A l'Aïvil 29Ic reloaded.



ici c'est la première impression d'une nouvelle matrice venue compléter les anciennes.
ayant retravaillé la matrice première, j'ai transféré l'empreinte fraiche de cette dernière et reportée sur une plaque de plastique. Après une semaine de séchage, j'ai posé un papier vierge sur le plastique et passer du solvant.

Ce solvant a attaqué à l'endroit ou il n'y avait pas d'encre et transformé les surfaces encrées en surface brillantes et lisses, donnant un négatif de la matrice première.
Enfin plus ou moins, mais suffisamment pour entrer en dialogue avec les anciennes. 



Ici j'imprime cette dernière matrice après un passage de la matrice première


La deuxième empreinte n'est pas encore faite, mais on voit l'ensemble par transparence, on voit l'empreinte virtuelle






Le papier est mouillé, le moment est délicat, il y a risque de déchirure le papier est toujours de 30gr/m2







L'impression a eu lieu, 
le papier est traversé par les encres bleues et vertes du deuxième passage, et devient plus opaque l'eau étant partie au trois quart















Décoller le papier de la matrice, autre moment délicat car il n'y a que deux passages et l'encre ne sert pas encore d'armature, pour le troisième passage cela devrait poser moins de problème.


















Le tirage est posé sur la matrice

C'est pas mal parti, il fauta attendre un séchage d'une bonne semaine pour reprendre.








Séchage







mercredi 11 septembre 2013

Ces artistes qui me font regarder autrement

Robert Rauschenberg (1925-2008) 




Si Rauschenberg a très tôt utilisé l'image, il s'agissait essentiellement de transferts introduits dans un travail de peintre et de sculpteur ou plutôt d'assembleur... être dans l'actualité de l'époque celle des "Nouveaux Réalistes" des années soixante et de "Fluxus",tout en restant  comme son compère Jasper Johns en quelque sorte dans l'entre deux... entre Pop Art et Expressionnisme abstrait.

Tous les deux sont parmi les premiers artistes à sortir de l'université et à montrer la voie de l'art  institutionnel défendu comme une thèse, défendu par des professeurs, mais si certains ont fait le pas vers l'intelligible l'art minimal, eux encore une fois restent dans l'entre deux, le ressenti n'a pas totalement disparu.

C'est au zénith de sa célébrité, que l'empreinte prendra davantage d'importance  chez cet artiste qui n'avait donc plus rien à prouver,  cette magnifique œuvre fait partie d'une série, imprimée sur tissu :





Robert rauschenberg 1925 2008
série hoarfrost, 1974 
-transfert sur tissus, carton et collage signé et daté 74 en bas...

  (pour être plus précis les empreintes ne sont pas imprimées mais transférées c'est à dire que l'artiste prend des images qui sont sur un support et sous l'action d'un solvant transfère l'image sur un autre support, ce qui fait une œuvre unique on ne transfert qu'une fois. 
Ici c'est l'aspect diaphane de l'image que je trouve fascinant parce qu'elle se fond avec le support, c'est ce que j'essaye d'atteindre dans mes empreintes sur papier de manière à obtenir une image objet ou l'encre et le support ne font qu'un.
Mais pas question de faire des œuvres uniques comme un geste de démiurge, mais de les répéter comme un champ exploratoire, mes transferts étant gravés sur une matrice, ils peuvent être reproduits autrement, je reste malgré tout graveur.)
NB: la solvanoplastie permet de faire des transferts directement gravés sur le support...














Nancy Spero (1926 - 2009)









L'oeuvre la  plus époustouflante que j'ai vue après Hokusaï et Tom phillips est sans doute celle Nancy Spero "AZUR" 1997 2002  somptueuse libérée et là elle joue avec les procédés et donne un sens si profond à son travail à près de 80 ans, depuis que je l'ai vu en 2007, je n'ai d'autres ambitions que de lui répondre 
et j'espère que, comme le disait Hokusaï "A 80 ans, j’aurai fait quelques progrès...

malheureusement présentée derrière des verres ...................













































tout compte fait c'est une série d'autoportraits..........




Le transfert d'une image c'est cet apport du réel dans la fiction d'une oeuvre, 

Cet aspect littéral qui relie la réalisation au présent de son "effectuation", est devenu un dogme dans l'art contemporain, ce qui conduit à l'abandon total d'une véritable recherche sur la matière qui est pourtant le constituant de toutes choses, mais le fait de la réinventer par ces recherches deviendrait démiurgique et donc romantique, l'imaginaire à l'heure actuelle n'est intéressant que s'il appartient au passé et devient ainsi une nouvelle forme d'uchronie   ...........   çà y est cette idée est accaparée par les décideurs de l'art contemporain... Alain Bublex est devenu un artiste pratiquant l'Uchronie  ce week end au Palais de Tokyo pour les 50 ans de France Culture  ............. 
 j'adore les relectures c'est ce qui rend la vie tellement plus palpitante.