mardi 1 octobre 2013

Damien DEROUBAIX



Une belle découverte, même si cet artiste semble avoir déjà une belle renommée.


Gigantesque bois gravé, peut être pas imprimé de 3,90 m par 5,20 m
collection privée 

L'artiste se revendique de l'univers de la musique métal...

C'est un beau travail de gravure, même s'il est traité d'une manière académique, (travail autour d'un dessin, dans le combat entre Rubinistes et Poussinistes il serait Poussiniste, dans la mouvance de Lebrun), 
la raison en est très simple: depuis quelques années la modernité au niveau de la gravure ne se situe plus dans l'exploration de nouvelles manières, mais plutôt dans l'actualité des sujets, ce qui réduit les recherches autour de ce médium à l'édition, ce pourquoi il a été inventé, il y a quelques siècles.

Ici le problème est encore plus radical, car il n'y a pas d'empreinte, l'artiste fait une oeuvre qui suggère l'estampe, mais qui n'est pas une estampe juste un sgraffite un splendide sgraffite voire même un bas-relief...

 J'y vois beaucoup de choses, ce qui rend réjouissant le travail: des artistes "primitifs" allemands des années 70-80  ( Penck, Georg Baselitz, ou Anselm Kiefer plus "culturel") mais malgré tout "Gauguinifilisé" avec du "présurréalisme" belge de la fin du XIXème siècle  tel Khnopff, bien sûr "Bretonnant" et son africanitude, avec un soupçon "Basquiatanescante"....... 
sans oublier la bande dessinée noire comme celle de Charles Burns . 
En un mot parfaitement intégré dans l'histoire de l'art du XXème siècle et du début du XXIème.

Bien sûr ce sont ses dimensions qui impressionnent, mais on ne s'en aperçoit pas sur un écran d'ordinateur,plus petites, cela n'aurait rien changé à l'image, il y a d'ailleurs fort à parier que l'on se recule comme face à un tableau pour avoir une vision d'ensemble. 


Mais soyons objectif les bois gravés  sont plus intéressants que leur empreinte
parce qu'il y a la matérialité du support, sa couleur et que l'empreinte n'est que de surface si l'on ajoute que  le collectionneur préfère une œuvre originale qu'il a horreur du papier (penser à la photographie actuelle).... fragile et éphémère, voire salissant,  une œuvre solide, pérenne.... et unique , voilà du sérieux...


A comparer avec le travail de Leyla Cardenas qui elle aussi fait des "sgrafittes", mais éphémères.

En espérant que ce courant étrange ne soit pas un simple effet de mode et donne envie de se poser la question de l'estampe, de l'empreinte comme enjeu plastique et non que comme multiple d'un  même.

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